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Ce projet de thèse s’attache à explorer le rapport au(x) savoir(s) chez des étudiants en sciences infirmières ayant subi des maltraitances infantiles. L’objectif est d’analyser comment les séquelles traumatiques de ces étudiants interagissent avec leur environnement de formation, et d’évaluer l’impact de cette résonance sur leurs apprentissages et leur processus de professionnalisation.
Depuis plus d’une décennie, la santé mentale des étudiants en sciences infirmières constitue une préoccupation majeure à l’échelle internationale (Cruz et al., 2018 ; Michinov et al., 2024). En France, l’enquête de la Fédération Nationale des Étudiants en Sciences Infirmières (FNESI, 2025), menée auprès de 16 867 étudiants, révèle une dégradation alarmante de leur bien-être. Les étudiants sont confrontés à une vulnérabilité accrue par un contexte où les conditions de formation et de stage semblent s’être dégradées par la crise sanitaire de 2019-2020, une explosion des besoins de santé, des déserts médicaux, une perte d’attractivité des métiers du soin, et une augmentation des responsabilités professionnelles. Aujourd’hui, 70 % des étudiants ont envisagé d’abandonner leur formation, dont 42,11 % en raison des conditions de stage (FNESI, 2025).
Face à cette précarisation croissante, les instituts de formation en soins infirmiers (IFSI) et les professionnels de terrain cherchent des solutions pour fidéliser les apprenants et renforcer l’accompagnement pédagogique. Ce projet de recherche s’inscrit dans ce champ émergent de la santé mentale des étudiants et de son influence sur la professionnalisation, avec pour ambition d’identifier des leviers d’action pour prévenir les effets délétères de cette détresse.
Dans cette recherche, je souhaite faire un focus sur la piste des violences intra, para ou extra-familiales, un des facteurs de santé mentale dégradée. J’ai observé une part d’étudiants qui vivent des situations de harcèlement ou de violences sexistes ou sexuelles (FNESI, 2025) au cours de la formation. Ce phénomène m’invite à interroger les mécanismes psycho-traumatiques (Salmona, 2022) et les processus d’emprise (Jamoulle, 2018) chez les étudiants. L’emprise professionnelle ne résulte pas uniquement de la fragilité des victimes ou de dispositifs abuseurs, mais aussi de rouages sociaux et familiaux antérieurs, créant une vulnérabilité répétée de la sphère privée à la sphère professionnelle.
Suite à une réflexion menée après le recueil de témoignages d’étudiants (illustrant des violences intrafamiliales, extrafamiliales ou communautaires), en plus des éléments contextuels décrits, je pense qu’une approche d’orientation psychanalytique, centrée sur les notions de transfert et contre-transfert, permettrait de repenser la relation pédagogique et la juste distance dans l’accompagnement. La question se pose : peut-on transposer le concept de transfert didactique (Blanchard-Laville, 2008) à la relation formateur-étudiant ? En confrontant les étudiants à de nouveaux savoirs, ne risque-t-on pas de réactiver des traumatismes infantiles (Blanchard-Laville, 2008) ou des mécanismes d’emprise (Salmona, 2022) ?
Les études montrent que les maltraitances infantiles ont un impact délétère sur les parcours de vie et scolaires (Counts & John-Henderson, 2024 ; Bouchard et al., 2008 ; Espeleta et al., 2021). Le psycho-traumatisme altère les fonctions cognitives et le psychisme, créant une vulnérabilité face à l’apprentissage. Pourtant, certains parcours révèlent une résilience (Bessey & González, 2018 ; Dupouy, 2023), où la formation devient un levier thérapeutique.
Ce projet propose d’étudier ce phénomène à travers le rapport au savoir (Beillerot et al., 1996), concept clé des sciences de l’éducation. Les maltraitances infantiles, en affectant l’estime de soi, la relation à l’autorité et la capacité d’intériorisation, modifient profondément ce rapport. Nous nous inscrivons dans la lignée des travaux du CREF (Paris X-Nanterre). Nous souhaitons étudier les réalités psychiques d’étudiants face au savoir : en quoi un vécu de maltraitance dans l’enfance peut influencer le rapport au savoir d’un sujet ? Dans quelle mesure ce vécu peut avoir une incidence sur le rapport aux savoirs infirmiers ? Comment la réactivation d’un psycho-traumatisme peut modifier la dynamique du rapport aux savoirs infirmiers d’un étudiant ? Comment les troubles psychiques qui en découlent peuvent se répercuter sur le rapport aux savoirs et sur l’apprentissage d’un étudiant ?
Cette recherche s’inscrit donc dans une recherche clinique d’orientation psychanalytique en sciences de l’éducation (Blanchard-Laville, 1999 ; 2005). Cette approche permet de saisir les enjeux psychiques des étudiants. Ce projet adopte une méthode mixte : Une enquête épidémiologique descriptive (questionnaire) et des entretiens cliniques. La première enquête s’adresserait à tous les étudiants en IFSI de France. Mais pour les entretiens cliniques, les étudiants rattachés à l’IFSI dans lequel j’exerce seront exclus. Peut-être que, pour des raisons organisationnelles, la deuxième partie d’étude devra être circonscrite à une grande région de France, sans distinction de genre, sans restriction d’âge et selon une approche transversale.
En parallèle, forte de mon expérience du travail d’élaboration psychique en analyse des pratiques professionnelles, je continuerai de travailler sur mon implication quant à cet objet de recherche et l’étaierais par la poursuite de séminaires méthodologiques notamment auprès de de Sophie Lerner-Seï et d’Arnaud Dubois.
Bloc 1 - Conception et élaboration d'une démarche de recherche et developpement, d'études et prospective :
Bloc 2 - Mise en oeuvre d'une démarche de recherche et développement d'études et prospective :
Bloc 3 : Valorisation et transfert des résultats d'une démarche R & D, d'étude et porspective :
Bloc 3 :
Bloc 4 :
Bloc 6 :
Bloc 5 :
Bloc 3 :